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Mon expérience en camion Hydrogène; Hyundai Xcient Fuel Cell

En juin 2023, j’ai eu l’occasion d’accompagner un chauffeur d’un grand groupe Suisse de transport pour un trajet entre Lausanne et Zürich et retour.





Il est 11h00 ce matin-là quand je rejoins Thomas, le chauffeur avec qui je vais partager la cabine durant cette journée de route.

Après avoir effectué le chargement et le contrôle de son véhicule, Thomas m’invite à prendre place à sa droite. Cabine spacieuse, siège confortable, je ne redoute pas la durée du trajet. Le véhicule se met en mouvement, tout en douceur et sans un seul bruit ! Bluffant ! Thomas m’explique qu’il lui reste environ 200km d’autonomie (sur 400) et que nous nous arrêterons à Müntschemier (sortie kerzers) pour faire le plein en hydrogène.

Pour information, le camion à hydrogène fonctionne avec une pile à combustible, ce qui permet au véhicule de transformer le précieux carburant en électricité. Il s’agit donc bien d’un camion électrique, mais sans batterie.


Avec la remorque, nous sommes chargés à 34t et nous n’avons aucune peine à nous lancer sur la voie d’entrée de l’autoroute au niveau de Crissier. Nous atteignons facilement les 80Km/h et la vitesse de croisière va nous emmener jusqu’à la pompe à… hydrogène.

Arrivé à Müntschemier, la station ressemble à une station-service automatique standard sauf que de grands containers se trouve à côté, contenant l’hydrogène.

Thomas me montre les réservoirs (voir photos) qui se trouvent derrière la cabine. Le « pistolet » pour faire le plein ressemble aux pistolets normaux, à quelques détails prêts. Impossible de se tromper ou de commettre une erreur, si le pistolet n’est pas bien engagé et verrouillé, rien ne se passe. La pression est stable et en 5 minutes le plein est fait (8kg). L’affichage de la station affiche les Kg d’hydrogène et non des litres. Top départ pour Zürich.

En route, seul le bruit du vent qui vient s’abattre sur la calandre se fait entendre, en réalité, ce n’est pas plus bruyant qu’un autre camion sur l’autoroute.


Arrivé proche de d’Oftringen, Thomas m’explique qu’a cause du frigo, l’autonomie baisse bien plus et qu’il faudra chercher une nouvelle station pour refaire le plein afin de ne pas être embêté. L’application H2.LIVE donne en temps réel les informations sur la capacité qu’on les stations à recevoir des véhicules pour s’approvisionner en hydrogène. Là ma surprise est totale car Thomas m’explique que les stations sont au nombre de 2 en Suisse Romande et de 12 en Suisse Alémanique. Le problème c’est que certaines stations sont en rouge dans l’application, ce qui veut dire qu’elles ne peuvent accueillir des camions car elles sont vides ! Patatra, mon idéal hydrogène s’effondre d’un seul coup ! Moi qui pensais que c’était si simple… En réalité, les capacités de stockage des stations est limitée et si plusieurs véhicules viennent y faire le plein dans une même journée, le volume est insuffisant. Comme certaine station du côté de Zürich s’affichent déjà en jaune voir en rouge, Thomas décide de sortir et de se rendre à la Station de Zofingue. On refait le plein (17,7 kg) et c’est reparti !

Arrivé à Zürich, nous nous rendons au dépôt pour vider le chargement et en reprendre un nouveau. Nous devrons nous arrêter à LagerHauser à Aarau et nous pourrons rentrer en direction de Lausanne.


Sur le chemin du retour, je sens que Thomas est tendu. Je lui demande pourquoi et il m’explique que le fait que je sois avec lui le stress car il sait que la journée n’est pas encore finie. Je lui réponds que je suis là pour l’expérience et qu’elle durera le temps qu’il faudra. C’est alors qu’il m’annonce qu’en fait, selon l’application, les 2 stations de Suisse Romande (Crissier et Chexbre) sont hors service. Comme il doit laisser le camion pour son collègue le lendemain avec suffisamment d’autonomie pour repartir de Lausanne, il faudra une nouvelle fois s’arrêter pour compléter le réservoir. Nous nous arrêterons encore une fois à Müntschemier et nous arriverons à Lausanne à 20h30.


C’est à ce moment-là que je fais ma petite analyse de la situation ainsi que de la complexité du camion à hydrogène.

Bruit ? Au top, silencieux à merveille. Puissance ? Pas de soucis, ce camion fait le job de ce côté-là. La cabine ? Spacieuse, plein de rangements, un grand frigo mais pas de couchette dans cette version. La climatisation est parfaite et les aides à la conduite sont de dernière génération avec 3 caméras de recul, une centrale et 2 pour les angles morts sur les côtés.

Là où ça ne va pas, ce sont les stations de recharge. Tant que les capacités et le nombre de ces stations n’augmente pas, il sera difficile de faire des lignes directes sans avoir besoin de s’arrêter plusieurs fois dans la même journée.


Bilan ; il n’y a pas grand-chose à dire sur le véhicule, bien qu’il n’ait qu’une charge utile réduite à 7,8t en raison des réservoirs et du poids de la pile. C’est pourquoi tous les trajets se font avec la remorque… Dès lors, un véhicule de ce gabarit serait idéal pour la livraison dans un périmètre défini mais il est encore trop limité sur les moyennes et longues distances. La recharge en hydrogène ne prend pas plus de temps que de faire le plein de diesel et la sécurité est garantie. Le fait que pour l’instant ces véhicules sont exemptés de la redevance (RPLP) est un autre avantage mais la journée a coûter près de CHF800.00 en hydrogène… Affaire à suivre donc !



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